03 juil 2013

Une petite histoire du hashtag

E-marketing et réseaux sociaux, Expertise, Réseaux sociaux par l'agence Pullseo 5 commentaires

Le 12 juin 2013, Facebook annonçait l’intégration d’un système de hashtags à son réseau social. Cette pratique du hashtag est pourtant devenu le propre de Twitter qui a popularisé son utilisation. Ainsi, Facebook semble vouloir marcher sur les plates-bandes du petit oiseau bleu. Mais est-ce bien judicieux et, surtout, utile ? Pour répondre à cette question, remontons à l’origine du hashtag sur le net…

Une origine liée aux anciens systèmes de discussion en ligne

hash-IRCA l’origine, le fameux hashtag est un signe utilisé par le protocole de communication IRC (Internet Relay Chat), créé en 1988, qui est à la base de nombreux systèmes de discussion sur Internet. Dans ce protocole, le nom d’un canal de discussion est précédé par un #, ou hash en anglais et dièse en français. Il permet d’indiquer au protocole que la chaîne de caractère, sans espace, suivant ce signe correspond au nom du canal. Ce hash est donc utilisé pour créer des canaux de discussions « thématiques », définis par leur nom.

Par la suite, son utilisation va se définir sur des paramètres moins techniques puisqu’il va apparaitre sur des réseaux comme Flickr ou Delicious et ce dès 2000. Ainsi, certains utilisateurs vont se servir du hash pour thématiser leurs contenus et leurs publications. Cependant, les plates-formes ne prennent pas en compte ce signe et ne prévoient donc pas d’utilisation spécifique.

Il faudra donc attendre 2007 pour voir naître le hashtag tel qu’on le connait aujourd’hui.

Naissance du hashtag sur Twitter et utilisations dérivées

hashtags-by-twitterC’est en 2007 que l’idée du hashtag naît dans l’esprit d’un utilisateur de Twitter. En effet, Chris Messina, designer, avocat spécialisé dans le logiciel libre et créateur de l’application Barcamp, propose d’utiliser un des hashtags sur Twitter pour thématiser ses publications. Il en décrira l’utilisation et le principe sur son blog : FactoryJoe.

Plus qu’une simple thématisation, il propose en fait la création de flux de discussion composés de posts liés automatiquement entre eux par les hashtags. Twitter intégrera ce principe à son système pour faire naître ce fameux hashtag cliquable que l’on connait tous aujourd’hui.

Mais la pratique du hashtag va rapidement se développer et fera naître des utilisations propres au réseau. Ainsi, on ne se contente plus de thématiser son contenu mais on lui offre un nouveau sens. On voit donc apparaitre les fameux #FF (Follow Friday) qui mettent en avant des comptes Twitter à suivre, ou encore les hashtags qui viennent compléter un message ou l’introduire (exemple : #tropcoollavie ou #troll).

Ces nouvelles utilisations vont d’ailleurs amener certains internautes à utiliser le hashtag hors de son réseau d’origine, non pas pour thématiser la publication mais pour lui ajouter une note d’intention ou une humeur comprise des habitués de Twitter. Et c’est bien cette pratique qui a poussé Facebook à intégrer le hashtag à son système.

L’intégration du hashtag sur Facebook

hashtags-facebookDepuis plusieurs mois, les utilisateurs de Facebook voyaient des hashtag fleurir sur leur réseau social, sans forcément comprendre à quoi cela correspondait s’ils n’étaient pas eux-mêmes utilisateurs de Twitter. Ces hashtags, hors de ceux provenant de messages relayés automatiquement depuis Twitter sur Facebook, servaient de note d’intention, comme expliqué précédemment.

Pourtant, les têtes pensantes de Facebook en ont conclu que les utilisateurs de leur réseau voulaient des hashtags. Apparemment, il y a eu confusion et cela ne joue pas en faveur du réseau de Mark Zuckerberg.En effet, Facebook est déjà accusé par les internautes de copier son petit voisin. Et copier, on le sait, c’est pas bien. Mais plus que ces critiques, il semblerait que Facebook n’ait pas compris l’utilité du hashtag.

Dans son utilisation première, le hashtag sert à thématiser un contenu trop court pour être parfaitement identifiable. Notre mot-dièse national permet donc de donner plus de sens aux quelques 140 caractères disponibles et, surtout, d’offrir un flux cohérent aux utilisateurs pour échanger facilement sur une thématique. Or, Facebook n’est pas concerné par cela puisque le système en lui-même permet d’échanger sans aucun problème autour d’une publication via le système de commentaires. Et tout cela sans compter sur le nombre de caractères disponible qui permet largement de préciser sa pensée.

Dans son utilisation secondaire, le hashtag sert à préciser son humeur, son intention… Est-il vraiment utile de rendre ce type de hashtag cliquable ? Va-t-on se retrouver avec des flux de publications, et leurs commentaires qui vont bien, basés sur les thématiques #kiffelebarbecue ou #sentquilvapasserunesacréebonnejournée (oui, ce type de hashtag existe malheureusement) ?

L’intégration officiel du hashtag sur Facebook est trop récente pour savoir s’il va perdurer. Pourtant, on attendait Facebook sur d’autres éléments comme le développement d’algorithmes permettant une thématisation automatique des publications ou la proposition de publications naturellement liées à ses propres centres d’intérêts. A la place, Facebook fait un grand pas en arrière…dommage !

Il reste que l’utilisation des hashtags sur Facebook peut être intéressante en termes de marketing. Mais faites attention à la façon dont vous l’utilisez. Pour éviter les erreurs, n’hésitez pas à jeter un oeil à cet article de Social Shaker. Et si vous voulez un article orienté sur les sciences du langage, traitant du hashtag et de ses pratiques, rendez-vous sur cet article de Technologies Discursives.

Et vous, que pensez-vous de cette intégration des hashtags sur Facebook ?

Sources des images : Iconfinder, Vividtimes, Le Web Pédagogique

5 commentaires pour “Une petite histoire du hashtag”

  1. Monica Médias says:

    Il me semble au contraire que le # à la sauce FB est un premier signe d’ouverture d’un réseau fermé (de cooptation de membres) par rapport à l’usine à follow de Twitter, réseau ouvert comme une fenêtre sur le monde.

    Mais bien sûr c’est un triste désaveu pour FB, hashtagisation rendue d’autre part inévitable du fait que G+ s’est aussi mis au caractère magique avec une ergonomie et une mise en page autrement plus sexy que celle de Facebook et même… Twitter.

  2. Julien de Farcy says:

    Merci pour ce petit historique.

    Je serais moins catégorique sur le « grand pas en arrière » de Facebook. Certes il semble bien qu’ils n’ont pas vraiment compris la chose, mais comme vous l’avez souligné pour Twitter : « la pratique du hashtag va rapidement se développer et fera naître des utilisations propres au réseau ».

    Avec le temps, naitront peut-être des utilisations sur Facebook qu’on ne soupçonne pas encore.

  3. Adrien says:

    Merci pour cet historique qui met bien en perspective l’utilité du hashtag. Je ne sais pas comment le hashtag sur Facebook va évoluer mais c’est certain qu’ils n’ont pas gagné des points en copiant ainsi Twitter et en offrant une moins bonne expérience que sur Google Plus…
    Pour l’instant je suis très sceptique quant à l’utilité du hashtag sur FB mais j’espère me tromper et voir le réseau social nous offrir d’autres possibilités via cette fonctionnalité !

  4. Anthony says:

    Personnellement je le trouve inutile !
    Sur Facebook il n’y a pas cet esprit de « suivi » que l’on retrouve sur twitter.
    Comme vous le dites dans l’article, je trouve aussi que c’est une perte de temps, il y a d’autre problème plus urgent comme la possibilité de modifier les publications et …

  5. Raymond says:

    Personnellement, je ne vois pas trop l’intérêt de l’utilisation du « mot dièse » sur Facebook, qui de toute façon n’est pas pour moi le meilleur réseau social pour communiquer, du moins à titre professionnel.
    Je pense que Facebook cherche désespérément à perpétuer et surtout à monétiser son audience, mais que celle-ci a finalement de moins en moins de valeur.
    Pour finir, je ne pense pas que c’est en copiant les autres qu’ils arriveront un jour à atteindre leurs objectifs financiers!

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