04 Oct 2012

La colère des pigeons

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Ou comment des patrons de start-ups font le buzz sur le net pour s’indigner du projet de loi de finances 2013 et partager leur colère contre les politiques qui essaient  de les plumer. Ainsi des milliers d’entrepreneurs se sont très rapidement mobilisés pour que l’entrepreneuriat puisse continuer à exister en France.

Qui veut plumer ?

Le gouvernement a décidé de prendre les milliers d’entrepreneurs de ce pays pour des pigeons en taxant plus lourdement les plus-values réalisées sur les cessions d’actions. Actuellement, ces plus-values sont taxées à hauteur de 19% mais elles devraient augmenter l’année prochaine pour atteindre des sommets. On entend parler de 60%.Il faut savoir que pour un créateur de start-ups, l’investissement en argent, en temps et en énergie est très lourd.

Souvent ces patrons se rémunèrent très peu, voire pas du tout,  pour ne pas impacter le développement de leur structure. Par contre, ils tablent sur la revente de l’entreprise pour se rémunérer et/ou pour développer de nouvelles activités, jusqu’à arriver un jour peut-être à toucher des sommes plus conséquentes. Il n’est pas donné à tout le monde de la faire et le risque est important. Le jeu n’en vaut pas toujours la chandelle. Mais ces entrepreneurs sont souvent des passionnés. Alors quand on les titille un peu de trop, ils savent réagir avec ampleur.

Un site internet, un compte twitter et une page facebook pour piailler d’une même voix

La mobilisation a été soudaine et massive. Des patrons influents s’indignent, comme Marc Simoncini, créateur de Meetic, Frédéric Montagnon, créateur d’Ebuzzing, Fabien Cohen créateur de Whoozer, Carlos Diaz, créateur de BlueKiwi ou Pierre Chappaz créateur de Kelkoo et Wikio. Un mouvement de ras-le-bol nommé Geonpi (comprenez pigeon en verlan) est en marche. .. Son message est simple : quelle croissance peut-on générer sans entrepreneur et sans investisseur ?

Patrons de start-up, auto-entrepreneurs et capital-risqueurs se regroupent ainsi pour dénoncer la future taxation des plus-values de cession de parts d’entreprise, alignée sur le barème de l’impôt sur le revenu.

En peu de temps, 35 000 personnes se fédèrent via un site internet http://www.geonpi.net, via une page facebook http://www.facebook.com/lespigeonsentrepreneurs/info, et via un compte twitter http://twitter.com/lesgeonpi pour faire front au projet délirant du gouvernement.

Sur le blog du site, certains messages sont percutants :

En Angleterre, l’impôt sur les gains en capital quand un entrepreneur vend sa société (ou une partie) est de 10%….soit 6 fois moins que le nouveau taux pour la tranche haute de l’IR avec la CSG (60.5%). David Blanc

François Fillon est lui aussi rentré dans la danse en fustigeant les ayatollahs de Bercy

« Sur la fiscalité des entreprises, le gouvernement a laissé la main à quelques Ayatollahs de Bercy qui mettent l’économie à terre »

Face à la révolte, le gouvernement planche

La réponse du gouvernement ne s’est pas faite attendre mais reste évasive. Le gouvernement ne veut pas « étrangler » les start-up et des « solutions » sont à l’étude. « On regarde avec Bercy, Matignon et le ministère à l’économie numérique des solutions qui permettront de revenir à la situation antérieure » affirme l’Elysée. Essaie-t-on de faire taire la grogne, de noyer le poisson ou insidieusement de couper les dernières plumes à ces pauvres volatiles. L’avenir nous le dira. Affaire à suivre.

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