05 Avr 2013

Co-citation en SEO : l’ancre perd du poids

Expertise, Référencement naturel, Référencement naturel de l'agence Pullseo 11 commentaires

Depuis fin 2012, un nouveau concept de popularité orientée SEO semble émerger aux Etats-Unis, la co-citation. Le premier, à notre connaissance, à en avoir parlé est Rand Fishkin, le gourou international du SEO, créateur de SEOmoz. Alors, en quoi consiste la co-citation et, surtout, signe-t-elle la fin du lien à ancre optimisée ?

La co-citation appliquée au référencement

schema-co-citationLe concept n’est pas né avec le référencement mais est issu de la sémantique. La co-citation permet de lier deux documents entre eux à partir des citations faites par des documents tiers. Par exemple, si des documents A, B et C font tous les trois références à des documents D et E dans leur contenu, on considère que D et E sont liés sémantiquement. Évidemment, plus il y a de co-citations plus le lien sémantique entre deux documents est fort.

Par extension, on peut considérer que les documents A, B et C sont liés sémantiquement aux documents D et E, puisqu’ils y font références.

Passons maintenant à son application en référencement. Pour les moteurs de recherche comme Google qui s’orientent vers la recherche sémantique, l’application du concept de co-citation est nécessaire. Ainsi, l’algorithme d’analyse du site intégrerait des critères basés sur les citations. De fait, les liens, optimisés ou non, entrant ou sortant, et même les citations sans liens seraient prises en compte.

Si on pousse cette logique à l’extrême, cela signifie qu’obtenir des citations depuis d’autres sites traitant d’une même thématique, mais sans aucun lien HTML, pourrait tout de même permettre de se positionner sur des requêtes. En plus d’être apparemment déjà active chez l’Oncle Sam, cette analyse pourrait prendre de plus en plus d’importance vis-à-vis des liens « classiques » avec ancre.

Alors quelles sont les implications pour les référenceurs que nous sommes ?

Les nouveaux rayons de la linkwheel

link-wheelOn savait déjà qu’il fallait diversifier ses liens pour créer un profil de lien naturel (nofollow, annuaires, lien de type URL…) et travailler durablement le référencement de son site Internet. On savait aussi que les mentions des réseaux sociaux tenaient une place de plus en plus importante dans l’analyse des moteurs de recherche. Mais là, on atteint un tout autre niveau avec une analyse sémantique qui pourrait être poussée à l’extrême.

La puissance du lien sans le lien

Pour Rand Fishkin, la co-citation sans lien ni ancre pourrait être aussi puissante, si ce n’est plus, qu’un lien classique. Ainsi, il prend l’exemple d’un site d’avis client dans l’univers des mobiles qui se positionne sur des requêtes concurrentielles avec peu de liens mais un nombre important de co-citations. On ne peut dire si le poids de la co-citation est déjà telle qu’elle détrônerait le lien, mais l’exemple de Rand est difficile à renier.

Surveiller ses liens sortants

La logique de co-citation pourrait même aller plus loin puisque les algorithmes des moteurs de recherche, comme Google, pourraient prendre en compte les liens sortant de votre page pour appuyer son analyse sémantique. Ainsi, des liens sortants d’une page vers des pages traitant des mêmes thématiques pourraient aider au positionnement de la page émettant ces liens. Serait-ce le retour des liens sortants vers des pages d’autorité telles que celles de Wikipedia ?

Surveiller les liens sortants de ses partenaires

Pour certains, comme Kaféine Marketing, les liens sortants émis par les pages qui vous donnent elles-mêmes des liens pourraient influencer le référencement de votre site. Vous avez du mal à suivre ? Pour schématiser, les pages A, B et C font un lien vers votre page D. Mais elles font aussi des liens vers les pages E, F et G. Résultats des courses, si E, F et G ne sont pas de bonne qualité, les liens émis par A, B et C pourraient être dépréciés. En serait-il de même pour les co-citations ?

La mort du lien programmée ?

mort-lien-seoNe tournons pas autour du pot : non, le lien n’est pas mort et il ne va pas mourir. Rand Fishkin fait peut-être un peu dans la provocation sur ce coup mais nous pouvons imaginer que c’est pour bien faire comprendre l’importance de la co-citation. En fait, cette évolution doit être prise en compte dans sa stratégie et ce dans une optique de diversification des signaux envoyés aux moteurs. Ainsi, au même titre que l’annuaire est encore utile et que le lien dofollow est toujours pris en compte, l’ancre continuera à peser dans l’algorithme d’un moteur comme Google.

Le poids ne sera, et n’est certainement déjà, pas le même mais il existera.

En prime, voici le Whiteboard Friday de SEOmoz traitant de la question de la co-citation.

Source des images : YouwallIconfinder

11 commentaires pour “Co-citation en SEO : l’ancre perd du poids”

  1. Light On Seo says:

    Bonjour et merci pour cet billet.

    Cette histoire de co-citations est née d’une erreur (volontaire ou involontaire de Rand Fishkin). Disons les choses comme elles sont, Rand Fishkin grâce à son travail jouit d’une réputation méritée dans le monde du SEO, mais il a aussi des obligations, chaque Vendredi il doit publier son WBF.

    Parler de co-citation à mon avis était bien malin de sa part, un succès garanti ! Son WBF aurait probablement eu moins de succès si il avait parler de co-occurences, puisque ce n’est pas une notion nouvelle.

    La meilleure ressource à mon avis quand il s’agit de recherche d’information appliquée au search c’est Bill Slawsky, il s’est donné pour mission de décortiquer les brevets des géants du web et de Google en particulier. Il est revenu sur l’article de Rand Fishkin et a contribué à remettre les choses au clair. http://www.seobythesea.com/2012/11/not-all-anchor-text-is-equal-other-co-citation-observations/

    Finalement, Rand Fishkin a été obligé de modifier le titre de son WBF et a remplacé le terme co-citation par co-occurence… beaucoup moins sexy et nouveau pour le coup.

    Un autre lecture intéressante sur le sujet et publiée une dizaine de jours après le fameux WBF est celle de Joshua Giardino : http://blog.iacquire.com/2012/11/28/its-not-co-citation-but-its-still-awesome/ Il cite aussi Bill Slawsky au passage.

    Quant à l’analyse des co-citations c’est effectivement intéressant et si j’ai bien compris c’est une méthode de clustering visant à identifié dans un environnement donné, les paires de documents les plus co-cités. Une opportunité pour les chercheurs d’améliorer leurs bases de connaissances et de trouver des « axes d’amélioration » plus pertinents grâce à cette identification. => http://www.personal.psu.edu/faculty/w/p/wpt1/Knowledge%20Combination%20a%20cocitation%20analysis.pdf

    Cela dit merci encore pour ce billet

  2. Happy Smoke says:

    Je pense que la qualité des liens sortants influence depuis longtemps le positionnement d’une page. Lorsque l’on traite d’une thematique avec precision on cite forcément des sources.

  3. webmarketing evenementiel says:

    Chouette le concept du lien sans lien: un peu comme l’invention du peigne pour chauve…
    Je ne vois pas en proportion les rapports changer pour un bénéficiaire de liens classiques par rapport aux « liens » de co-citation.
    Par contre bien sûr au niveau sémantique et du système d’entités nommées, le nombre de citations, occurrences et les indices laissées par les liens sortants sont du bon gros grain à moudre pour les laborantins de GG.

  4. Erlé says:

    Merci pour ce très très bon article.
    On en revient toujours a la même théorie, a quoi sert un lien ? Quel est la nature de l’information qu’il essaie de relier, en quoi il est naturel de le placer la ? Bien sur s’il est justifié alors sémantiquement il représente une relation entre les deux pages. Je pense que le principe, longtemps oublié, de la qualité d’un lien (pertinence) est de nouveau mis en avant par les moteurs. Et c’est tellement agréable de revenir aux fondamentaux… Maintenant il va falloir faire du business avec mais ça c’est une autre histoire.

  5. Kaféine says:

    Merci pour la mention (ou devrais-je dire, la citation ^^), et merci à Light On Seo pour ses liens, je ne connaissais que SEO By The Sea et je découvre les autres.

    Pour ceux que ça intéresse, mon post est là: http://www.kafeinemarketing.com/co-citation-seo-concept-a-connaitre/

    Le web est basé sur les liens, ceux-ci ne risquent donc pas de disparaître. Mais au fil du temps il perdent de l’importance à mesure que Google raffine son algorithme. A une époque tout ce qui comptait c’était la poipularité (PageRank), ensuite ils se sont intéressés à la qualité, et maintenant ils s’attaquent à la thématique et au contexte.

    En tout cas, c’est pas demain la veille qu’on pourra arrêter de bosser et d’étudier pour se maintenir à niveau (et c’est pas demain la veille que les clients pourront se passer de seo, contrairement à ce qu’on raconte un peu partout).

  6. blondiau says:

    Globalement tout tourne toujours autour de la même problématique.
    Se faire connaître.
    lorsque les robots parcourent le net, ils recensent les adresses rencontrée. Ils n’ont ni la possibilité, ni la capacité de faire une analyse sémantique du texte lié.
    (tout au plus le nombre de mots et une analyse éventuelle entre les mots clé du site et ceux du message, ou document).

    le but des moteur est de donner aux internautes une réponse la plus appropriée à leur requête (contenu, temps, prestige).
    et dès lors c’est là que cela devient intéressant. écrire, co-écrire,… 1, 10 ,100 documents , augmente petit à petit la renommée de l’auteur et donc de ses sites.

  7. plombier à paris 75 says:

    Est ce que Google pénalise un site qui a des backlinks provenant de sites ayant d’autres thématiques ? A quoi sert mettre un peu partout sur le web des liens en nofollow tant que Google ne va pas les indexer (car ces liens détecté tout de meme par Alexa)?

  8. blondiau says:

    Moi je dirais clairement non.

    Imaginez , vous ayez une boutique de vente de poissons.
    On parle de vous (ou vous parlez de vous) dans des blogs de tourisme, de restauration, cuisine, écologie, protection animales…
    Mais le « jus » récupéré devrait dépendre du PR su site ou du blog, du propiétaire , et à mon sens du nombre de post.
    Plus vous postez et plus vous êtes impliqué. On n’est plus au niveau de la renommée d’un site mais bien d’un auteur, et du lien entre les 2.

  9. 6buzz.com says:

    Mais le « jus » récupéré devrait dépendre du PR su site ou du blog, du propiétaire , et à mon sens du nombre de post. Critère qui ne veut absolument rien dire aujourd’hui…

  10. Formation référencement naturel says:

    Aux 3 derniers commentaires :
    Le fonctionnement de Google est de mois en moins mécanique. Il y a quelques années, le Google Bombing fonctionnait très bien, il y a moins de deux ans, personne ne se souciait de la pertinence et de la diversité de ses ancres de liens.
    De là à imaginer que Google analyse automatiquement la pertinence sémantique de deux sites liés par un lien hypertexte, il n’y a qu’un pas. Penguin analyse bien l’origine et la diversité des liens/ancres, non ? Alors pourquoi risquer de poser un lien sur un site immo vers un site de vente de poisson par exemple ? A terme, ce ne sera plus tenable.
    Sans compter qu’il existe des pénalités manuelles qui font très mal !
    Et sans oublier le filtre anti-EMD sur les noms de domaines un peu bourrin : il suffit de regarder dans les serp sur des requêtes très concurrentielles pour s’en apercevoir.
    Conclusion, je préfère jouer sur la pérennité et la pertinence thématique et sémantique : il vaut mieux prévenir que guérir !

  11. Référencement Toulouse says:

    Les moteurs de recherche génèrent des revenus en vendant de la publicité. Puisqu’environ 65 % des visites proviennent des 3 premiers résultats et qu’au délai de la 10e position, c’est comme si vous n’existez pas, les moteurs de recherche sont payes par les sites ne bénéficiant pas de positions prépondérantes sous forme de publicité par click (PPC ou Pays Par Click). Bien qu’il soit estimé que seulement 5% des visiteurs utilisent la colonne de droite, forme de résultats payants (quand l’avez-vous utilisé pour la dernière fois vous-même ?) ces visiteurs représentant des revenus significatifs pour les moteurs de recherche, si et seulement si le moteur de recherche peut générer des milliards de visites.

    La façon pour un moteur de recherche d’attirer ces visiteurs est d’offrir aux internautes les meilleurs résultats possibles, pour chacune de leurs recherches donc, toute tentative de manipuler ou déjouer l’algorithme que ces moteurs ont investi des millions de dollars à développer est perçu comme une attaque directe envers leur modelé de revenus et est pénaliste conséquemment. Ce n’est pas ce que nous faisons : l’optimisation de votre site ne tient pas de la magie, mais c’est plutôt une bonne compréhension des attentes des moteurs de recherche jouxtée à une adaptation de votre site à celles-ci.

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